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L’affaire opposant Kim Soo-hyun au YouTubeur Kim Se-ui et à Garo Sero Institute continue de prendre une tournure judiciaire majeure en Corée du Sud. Quelques jours après la demande officielle de mandat d’arrêt contre Kim Se-ui, l’avocat de l’acteur (Kho Sang Rock) a de nouveau pris la parole publiquement pour défendre Kim Soo-hyun et réagir aux conclusions de la police concernant les accusations de relation avec la défunte actrice Kim Sae-ron lorsqu’elle était mineure.

Les avocats de Kim Soo-hyun prennent la parole
Le 24 mai, l’avocat Kho Sang-rock a publié un long message sur les réseaux sociaux afin d’expliquer pourquoi l’équipe juridique de l’acteur avait choisi de ne pas répondre publiquement aux nombreuses accusations relayées ces derniers mois.
Il a notamment déclaré : “L’acteur Kim Soo-hyun est uniquement une victime d’un crime et n’est pas une partie procédurale engagée à égalité avec les accusés (à ce stade, les suspects) dans un procès pénal.”
L’avocat poursuit en expliquant : “C’est pourquoi nous n’avons pas répondu une par une jusqu’à présent aux affirmations irrationnelles de Kim Se-ui, et nous comptons continuer à faire de cela notre principe.”
Selon lui, maintenant que l’enquête policière a permis de confirmer les dommages subis par l’acteur, celui-ci devrait pouvoir reprendre une vie normale : “Une fois les dommages confirmés après une longue enquête, la victime doit désormais retourner à sa place d’origine.”
Ko Sang-rok a également insisté sur le rôle des autorités dans cette affaire : “Révéler les crimes, punir les criminels et protéger les victimes est le rôle de l’État.”
Avant d’ajouter : “Notre société doit aider les victimes de crimes à retrouver leur quotidien et leur place d’origine aussi rapidement que possible. C’est cela, une société saine.”
Les avocats rejettent les accusations de “persécution politique”
Dans un nouveau communiqué publié le 25 mai, l’avocat de Kim Soo-hyun a également répondu aux affirmations de Kim Se-ui, qui accuse les autorités sud-coréennes d’avoir demandé son arrestation pour des raisons politiques.
Kim Se-ui affirme notamment que la procédure judiciaire viserait à l’empêcher de couvrir certains hommes politiques sud-coréens via sa chaîne YouTube.
Mais Ko Sang-rok réfute totalement cette version des faits : “La demande de mandat d’arrêt contre Kim Se-ui date du 14 mai, alors que ses émissions concernant un homme politique spécifique n’ont commencé que le 18 mai. Son argument ne correspond donc même pas à l’ordre chronologique des faits.”
L’avocat ajoute également : “Le mandat d’arrêt de 32 pages rendu public n’est pas un document rédigé spontanément pour empêcher une couverture politique.”
Selon lui, les accusations de “persécution politique” relèvent simplement “d’affirmations absurdes qui ignorent même les bases de la procédure pénale.”
De nouvelles précisions sur les soupçons de manipulation audio par IA
Le communiqué revient également en détail sur les soupçons entourant les enregistrements audio diffusés publiquement par Kim Se-ui.

Pour rappel, ces fichiers audio présentés comme des preuves contenaient une voix attribuée à Kim Sae-ron affirmant avoir entretenu une relation avec Kim Soo-hyun lorsqu’elle était collégienne. L’avocat affirme que plusieurs éléments renforcent aujourd’hui les soupçons de manipulation ou de montage.
Selon lui, une personne surnommée “Cali Park”, qui prétendait avoir été attaquée par un tueur à gages envoyé par Kim Soo-hyun, aurait fourni plusieurs versions différentes de ces enregistrements à différentes personnes, notamment à Kim Se-ui, au YouTubeur Lee Jin-ho ainsi qu’à l’agence Gold Medalist.
Ko Sang-rok explique : “Les trois fichiers contiennent pourtant la voix de la défunte, mais le déroulement des conversations est différent dès les premières salutations.”
Il ajoute : “Le fait qu’il existe plusieurs versions différentes d’un même enregistrement suggère fortement qu’il ne s’agit pas d’une conversation réelle enregistrée dans son intégralité.”
L’avocat affirme également que cette même personne aurait demandé de l’argent à l’agence de Kim Soo-hyun en prétendant posséder des enregistrements favorables à l’acteur avant de disparaître.
Selon le communiqué : “À ce stade, il est difficile de considérer ces enregistrements comme des preuves crédibles de la véritable voix de la défunte.”
La police considère les accusations comme fausses
Cette prise de parole intervient alors que la police sud-coréenne estime désormais que les accusations relayées par Kim Se-ui étaient mensongères.
Selon le rapport de police transmis au parquet, Kim Se-ui aurait diffusé, via ses vidéos YouTube et plusieurs conférences de presse organisées en 2025, de fausses informations affirmant que Kim Soo-hyun avait entretenu une relation avec Kim Sae-ron alors qu’elle était mineure entre 2015 et 2018.
Les enquêteurs estiment également que Kim Se-ui savait que ces accusations étaient fausses mais qu’il les aurait malgré tout relayées dans le but de nuire à l’acteur.
L’un des éléments les plus graves de l’affaire concerne des captures d’écran KakaoTalk supposément manipulées. D’après la police, Kim Se-ui aurait modifié le nom d’un contact affiché comme “Unknown” afin d’y faire apparaître le nom de Kim Soo-hyun, tout en ajoutant une photo de profil de l’acteur pour faire croire qu’il s’agissait d’une véritable conversation avec Kim Sae-ron.
Les autorités accusent également Kim Se-ui d’avoir diffusé lors d’une conférence de presse un fichier audio généré ou manipulé par intelligence artificielle. Dans cet enregistrement, une voix présentée comme celle de Kim Sae-ron affirmait : “J’ai eu une relation avec Kim Soo-hyun depuis le collège et nous avons eu notre première relation sexuelle pendant les vacances d’hiver de ma deuxième année de collège.”
La police considère aujourd’hui ce contenu comme faisant partie des fausses informations relayées contre l’acteur.

Une audience très attendue le 26 mai
Le parquet central de Séoul a officiellement demandé un mandat d’arrêt contre Kim Se-ui pour plusieurs chefs d’accusation, notamment diffamation, diffusion illégale de contenus filmés, menaces et tentative de coercition.
L’audience concernant son éventuel placement en détention provisoire doit avoir lieu le 26 mai au tribunal central de Séoul. Alors que l’affaire continue de prendre de l’ampleur en Corée du Sud, plusieurs experts juridiques estiment désormais qu’une détention provisoire est probable.
L’ancienne juge et avocate Moon Yu-jin a notamment déclaré que cette affaire dépassait selon elle “les limites de la patience du tribunal”.
Elle estime que si les accusations sont confirmées, il s’agirait d’un cas extrêmement grave mêlant manipulation d’audios par IA, diffusion de fausses accusations et atteinte massive à la réputation d’une personnalité publique.
Selon la police, les accusations relayées publiquement auraient déjà causé un important préjudice à Kim Soo-hyun, avec des contrats publicitaires annulés et des dommages estimés à environ 17,4 milliards de wons.
Moon Yu-jin a également évoqué un risque de récidive, estimant que le tribunal pourrait craindre “de nouveaux dommages secondaires et tertiaires” via les émissions YouTube de Kim Se-ui s’il restait en liberté.

